Vieux poèmes (2)
papa peu peu
lointain reflet d'un
homme qui n'était
pas qu'un père
mais
qui n'était pas qu'un
homme
cloison filandreuse des
origines, de liens sans
racines, pointillés épars
et prolongés d'une
lignée silencieuse
papa peu
mais
il peut peu le papa qui peut
c'est le papa plutôt là
qu'ici
un papa là-bas
sans chair ni quantité
Les qualités sont mortes
en premier puis, lui mort,
les défauts
"Ici, une ombre a enfin rejoint
ses congénères !"
Le peu qui le faisait
Le peu qui nous reliait
A finalement suffi
Peu mort, donc, le papa peu
Un peu là, comme d'habitude
Un détail insistant, non
pesant, dans un tableau,
une fresque familiale large
Un coin, un angle, un bord
Un peu vif, un peu mort
Une fixité à jamais quelque part
Un point. Pas un centre.
Pas un cercle.
Quelque chose.
L'embryon d'un bébé phare
La piqûre indélébile
Du poison du remords
L'ombre têtue du beaucoup.
La marque tetracoq, le sceau
informe d'une filiation
Le sang peu mémorable
des sans-verbes
Parle encore tes mots
À travers ma bouche.
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