Les humains pleurent et les fleurs fleurissent
Les humains rient et les fleurs flétrissent
Ô Magnanimes rimes, d'où vient cette asymétrie ?
Pourquoi la joie n'a-t-elle le manteau assez long
Pour couvrir tout ce qui vit d'un même tissu ?
Est-ce une chance ou une sorcellerie
Que le rythme d'un monde allant claudiquant
Tel un boîteux aveugle ivre d'harmonie ?
Titans éblouis nous parcourons la Terre
Sautant par-delà les gouffres
Pour trébucher contre une petite pierre.
Ne sommes-nous pas tous enfants de la rupture
Aspirant à ce berceau au branle sûr
Que nous percevions dans les tréfonds de nos mères ?
Le sol d'ici est en pente
Que nous courions derrière un rêve
Ou fuyions le Cauchemar
Nous y restons ancrés, soeurs et frères
Bottes ferrées, plantes nues ou hauts talons
Fine est la semelle
Qui nous sépare du feu qui brûle
Au coeur de la sphère qui nous retient.
Que nous tentions le diable ou restions discrets
Économisions ou éparpillions nos biens
Le sol reste le sol et le ciel, le grand nuage
Qui nous prolonge.
Que nous regardions en l'air ou avisions nos pieds
Choisissions d'aspirer à plus ou à nous contenter de rien
Importe peu aux tiges sans tuteurs
Qu'un Autre que nous à vigoureusement plantées
Dans les entrailles au spasme continu
D'un Être premier sans fleurs
Ni mains pour les cueillir
Ni larmes pour nous pleurer
Ou nous regarder rire.
Saint-Lager, le 17.07.26

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