Je suis ma maison
Ni mur ni fenêtre
Ni cave ni grenier
Je suis ma propre maison
Ni plâtre ni minerai
Ni toit ni fondation
Je suis ma propre maison
Ni futur ni passé
Sans souvenir ni projet
Je suis ma propre maison
Pas de salle d'eau où se laver
Pas de jardin où se salir
Je suis ma propre maison
D'une pièce à l'autre
Je traverse les cloisons
Je suis ma propre maison
Pas d'autres livres dans la bibliothèque
De chaises à déplier
Je suis ma propre maison
Plus rien dans les cartons
Plus de balançoire à pousser
Je suis ma propre maison
Pas de lieu vers où courir
Ni d'autres à quitter
Je suis ma propre maison
Au-dedans comme au-dehors
Toujours plein, toujours vacant
Je laisse le vent me parcourir
M'épousseter et m'égayer
Ni autarcie ni découvertes
Quand l'autre m'effleure et me chatouille
Il ne me meut ni me m'effraie
Souvent la sonnerie trébuche
L'alarme est débranchée
L'âtre reste noir
Et la brûlure, ailleurs
Un matin le bulldozer arrive
Il cherchera en vain
Tandis que je lui ferai signe de la main
Je serai parti et toujours là
Dans la cabine et sous ses roues
Lui murmurant à l'oreille,
Sans ironie ni oraison :
"Je suis ma propre maison."
Saint-Lager Bressac, le 20.02.26
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